Pourquoi avons-nous peur du silence ? Quand le bruit nous empêche d’entendre ce qui se passe en nous
Pourquoi le silence nous met-il parfois mal à l’aise ? Découvrez ce qu’il révèle de notre vie intérieure et pourquoi la Bible lui accorde une place dans notre relation avec Dieu.
LE REGARD DE DIEU SUR NOTRE ÉPOQUE
Esmiralda.mg
8/24/20265 min temps de lecture
Essaie quelque chose éteins la télévision, pose ton téléphone.
Ne mets pas de musique.
Ne lance pas de podcast.
Ne parle à personne.
Et reste simplement là, quelques minutes.
Pour certaines personnes, ce moment sera agréable. Pour d’autres, il deviendra rapidement inconfortable.Parce que lorsque tout devient silencieux autour de nous, quelque chose commence parfois à faire du bruit à l’intérieur.
Nos pensées.
Nos inquiétudes.
Nos souvenirs.
Nos questions.
Les choses que nous repoussons depuis plusieurs semaines. Et si notre difficulté avec le silence ne venait pas seulement de notre besoin d’être occupés ? Et si nous avions parfois peur de ce que nous pourrions entendre lorsque plus rien ne nous distrait ?
Nous vivons dans une époque qui remplit chaque silence
Il est devenu extrêmement facile de ne jamais rester réellement dans le silence.
Dans la voiture, nous mettons de la musique. En faisant le ménage, nous lançons une vidéo ou un podcast.
Dans les transports, nous mettons nos écouteurs. Avant de dormir, nous regardons encore quelques contenus. Même lorsque nous marchons seuls, nous pouvons appeler quelqu’un. Nous pouvons traverser une journée entière sans passer dix minutes seuls avec nos pensées.
Ce n’est pas forcément mauvais. La musique, les conversations, les podcasts ou les divertissements ont leur place.
Mais une question demeure : Pourquoi ressentons-nous constamment le besoin de remplir le vide ?
Le silence nous confronte à nous-mêmes
Le bruit possède un avantage : il occupe notre attention. Le silence, lui, nous la rend. Et c’est parfois précisément ce qui dérange. Lorsque tout s’arrête, certaines questions reviennent :
Est-ce que je suis vraiment heureux ?
Pourquoi cette situation me fait-elle encore autant de mal ?
Pourquoi suis-je aussi fatigué ?
Est-ce que la vie que je mène me ressemble vraiment ?
Où en est ma relation avec Dieu ?
Tant que nous sommes occupés, nous pouvons repousser ces questions. Mais dans le silence, elles peuvent remonter. Le silence n’a pas créé ce qui est en nous. Il a simplement cessé de le couvrir.
Même notre relation avec Dieu peut devenir bruyante
C’est probablement l'un des paradoxes de la vie chrétienne. Nous pouvons parler énormément de Dieu sans réellement prendre le temps d’être avec Lui.
Nous écoutons des prédications.
Nous regardons des vidéos chrétiennes.
Nous partageons des versets.
Nous écoutons de la louange.
Nous lisons des réflexions chrétiennes.
Toutes ces choses peuvent être bonnes.
Mais elles ne remplacent pas une relation personnelle avec Dieu.
On peut consommer beaucoup de contenu sur Dieu tout en passant très peu de temps seul avec Dieu.
La Bible ne présente pas le silence comme quelque chose d’inutile
La Bible contient de nombreux moments où le retrait, l’attente et le calme prennent une place importante.
Jésus Lui-même se retirait régulièrement loin de la foule pour prier. Luc 5:16 rapporte qu’Il se retirait dans des endroits isolés.
Ce détail est important.
Jésus enseignait.
Il guérissait.
Des personnes avaient constamment besoin de Lui. Et pourtant, Il s’arrêtait.
Il ne considérait pas chaque moment sans activité comme du temps perdu.
Dans 1 Rois 19, Élie traverse également une expérience particulièrement intéressante. Il y a un vent puissant, un tremblement de terre et un feu. Pourtant, le récit souligne ensuite la présence d’une voix douce et subtile.
Tout n’arrive pas dans le spectaculaire.
Et tout ce qui vient de Dieu n'a pas besoin de faire du bruit.
Mais attention : le silence n’est pas automatiquement la voix de Dieu
Il faut aussi être précis.
Faire silence ne signifie pas que chacune de nos pensées vient soudainement de Dieu.
Nos émotions restent nos émotions.
Nos pensées restent nos pensées.
Nos peurs peuvent parler très fort.
Nos désirs aussi.
Le silence n’est donc pas une technique magique pour « entendre Dieu ».
Il crée plutôt un espace dans lequel nous pouvons prier, réfléchir, lire la Bible et discerner avec davantage d’attention.
Et ce discernement reste essentiel.
Une pensée qui apparaît pendant un moment de silence n’est pas automatiquement une révélation divine.
Peut-être demandons-nous à Dieu de parler alors que nous ne nous arrêtons jamais
« Seigneur, parle-moi. » Cette prière est fréquente.
Mais parfois, juste après l’avoir prononcée, nous reprenons notre téléphone, notre travail, nos conversations et notre rythme habituel.
Nous demandons une direction à Dieu tout en laissant très peu d’espace à la réflexion, à la lecture de Sa Parole et à l’écoute.
Peut-être que Dieu n’est pas toujours silencieux.
Peut-être que nous sommes parfois simplement trop occupés pour discerner ce qu’Il veut nous enseigner.
Le silence peut aussi faire remonter des blessures
C’est une réalité dont on parle moins. Pour certaines personnes, rester seules avec leurs pensées n’est pas paisible, c’est douloureux.
Une rupture revient en mémoire.
Une blessure familiale refait surface.
Une peur apparaît.
Une culpabilité que l’on essayait d’oublier revient.
Dans ces moments-là, la solution n’est pas de culpabiliser en se disant : « Je devrais réussir à rester seul avec Dieu. »
Certaines blessures nécessitent aussi d’être parlées, accompagnées et parfois confiées à des personnes compétentes.
La foi ne nous oblige pas à prétendre que tout peut être réglé simplement en restant silencieux.
Mais le silence peut parfois nous permettre de reconnaître qu’une blessure existe encore.
Et reconnaître ce qui fait mal peut être le début d’un chemin de restauration.
Nous avons peut-être confondu silence et vide
Le silence n’est pas forcément l’absence de quelque chose, il peut devenir un espace.
Un espace pour réfléchir.
Un espace pour respirer.
Un espace pour reconnaître ce que l’on ressent réellement.
Un espace pour lire la Bible sans se précipiter.
Un espace pour parler à Dieu sans chercher immédiatement la prochaine chose à faire.
Et parfois, un espace pour ne rien dire du tout. Parce qu’une relation ne se construit pas uniquement avec des paroles.
Réapprendre à faire silence
Il n’est pas nécessaire de commencer par une heure entière commence simplement.
Cinq minutes.
Sans téléphone.
Sans musique.
Sans vidéo.
Tu peux prendre un passage biblique, le lire lentement, puis rester quelques instants dans le calme.
Tu peux parler à Dieu sincèrement : « Seigneur, je suis là. Montre-moi ce que j’ai besoin de comprendre. »
Puis ne cherche pas absolument une sensation extraordinaire:
Tu n’as pas besoin d’entendre une voix.
Tu n’as pas besoin de ressentir quelque chose de spectaculaire.
Tu apprends simplement à être présent.
Avec toi-même et avec Dieu.
Conclusion : peut-être que le silence ne nous fait pas peur pour la raison que nous pensions.
Nous croyons parfois détester le silence parce qu’il est ennuyeux. Mais peut-être qu’il nous dérange parce qu’il enlève progressivement tout ce derrière quoi nous pouvons nous cacher.
Plus de notification.
Plus de conversation.
Plus de musique.
Plus de distraction. Il reste notre cœur.
Et Dieu ? Alors peut-être que la prochaine fois que le silence deviendra inconfortable, il ne faudra pas immédiatement chercher à le remplir. Peut-être faudra-t-il rester encore quelques instants. Parce que certaines choses importantes ne deviennent audibles que lorsque tout le reste s’est enfin tu.
Et toi, qu’est-ce que le silence fait remonter lorsque plus rien ne te distrait ?
Pourquoi avons-nous peur du silence ?
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