Octobre Rose : prendre soin de soi, c’est aussi reconnaître la valeur de la vie

Octobre Rose sensibilise chaque année au cancer du sein et à l’importance du dépistage. Mais prendre soin de sa santé peut aussi nous rappeler une vérité essentielle : notre vie a de la valeur.

VIE CHRÉTIENNERELATION AVEC DIEU

Esmiralda.mg

10/8/20265 min temps de lecture

a close-up of a woman's chest with a tattoo on it
a close-up of a woman's chest with a tattoo on it

En octobre, le rose est partout

  • Des rubans roses.

  • Des courses solidaires.

  • Des publications sur les réseaux sociaux.

  • Des bâtiments illuminés.

Chaque année, le mois d’octobre devient Octobre Rose, un temps consacré à la sensibilisation au cancer du sein et à l’importance de sa détection précoce. Mais derrière cette couleur devenue familière se cachent de vraies histoires. Des femmes qui viennent d’apprendre leur diagnostic. Des femmes actuellement en traitement. Des femmes en rémission. Des familles qui accompagnent. Des proches qui ont perdu quelqu’un. Et puis toutes celles qui pensent que cela ne les concernera probablement jamais. Alors ce mois-ci, parlons-en. Pas uniquement avec un ruban rose. Parlons de la vie.

Le cancer du sein : pourquoi le dépistage compte

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Le programme national de dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans qui ne présentent pas de symptôme ni de facteur de risque particulier autre que l'âge. Tous les deux ans, elles sont invitées à réaliser une mammographie accompagnée d'un examen clinique des seins.

Pourquoi autant insister sur le dépistage ? Parce que détecter la maladie tôt permet généralement une prise en charge plus précoce et améliore les chances de guérison.

Et pourtant, beaucoup de femmes concernées ne participent toujours pas au dépistage organisé.

« Je préfère ne pas savoir »

Derrière le fait de repousser un rendez-vous médical, il peut parfois y avoir quelque chose de très humain :

la peur. Peur qu'on trouve quelque chose. Peur du diagnostic. Peur de ce qui pourrait arriver ensuite.

  • Alors on repousse.

  • « Je prendrai rendez-vous plus tard. »

  • « Je n'ai rien senti, donc tout va bien. »

  • « Je n'ai pas le temps en ce moment. »

Mais ignorer quelque chose ne nous protège pas de son existence. Et prendre soin de soi ne signifie pas vivre constamment dans la peur d'être malade. Cela signifie aussi apprendre à ne pas négliger sa santé.

Prendre soin de son corps n'est pas superficiel

Dans les discussions chrétiennes, nous parlons énormément de l'âme. De la foi. De la prière. De notre relation avec Dieu. Et c'est essentiel. Mais nous vivons également dans un corps.

La Bible présente d'ailleurs régulièrement l'être humain dans sa globalité.

Prendre soin de sa santé ne signifie pas idolâtrer son corps ou vouloir contrôler absolument tout ce qui pourrait nous arriver. Nous ne contrôlons pas tout.

Une personne peut prendre soin d'elle et tomber malade. Une autre peut suivre toutes les recommandations médicales et recevoir malgré tout un diagnostic difficile. La prévention n'est pas une garantie contre la maladie. Elle est simplement une manière responsable de prendre soin de ce qui peut l'être.

La foi ne remplace pas la médecine

C'est un point important.

Prier et consulter un professionnel de santé ne sont pas deux choix opposés.

On peut croire profondément en Dieu et passer une mammographie.

On peut demander la guérison et suivre un traitement.

On peut avoir la foi et avoir peur avant un résultat médical.

La maladie ne prouve pas un manque de foi.

Et consulter un médecin ne signifie pas que l'on fait moins confiance à Dieu.

La médecine possède ses compétences. La foi possède sa place. L'une n'oblige pas à rejeter l'autre.

Quand la maladie arrive malgré tout

Octobre Rose ne concerne pas seulement le dépistage. C'est aussi un mois qui peut être particulièrement difficile pour celles qui vivent déjà avec la maladie.

Parce que derrière les campagnes encourageantes se trouve une réalité beaucoup moins esthétique.

  • Les rendez-vous.

  • L'attente des résultats.

  • Les traitements.

  • La fatigue.

  • Les changements du corps.

  • La peur.

  • Les questions.

Et parfois cette question que beaucoup de croyants finissent par poser :

« Dieu, pourquoi moi ? »

Il serait facile de répondre avec une phrase toute faite.

  • « Dieu a un plan. »

  • « Tout arrive pour une raison. »

  • « Il faut simplement avoir la foi. »

Mais devant la souffrance, certaines phrases peuvent faire plus de mal que de bien. La Bible elle-même ne cache pas les cris de ceux qui souffrent. Les Psaumes sont remplis de questions, de larmes, d'incompréhension et parfois même de détresse adressées directement à Dieu.

La foi n'interdit pas de demander : « Pourquoi ? »

Elle nous permet aussi de venir à Dieu avec cette question.

Parfois, accompagner vaut mieux qu'expliquer

Lorsqu'une personne que nous aimons tombe malade, nous cherchons souvent les bons mots. Mais il n'y en a pas toujours. Peut-être que notre rôle n'est pas d'expliquer pourquoi cette épreuve arrive. Peut-être qu'il consiste simplement à être là.

  • Accompagner à un rendez-vous.

  • Préparer un repas.

  • Garder les enfants.

Envoyer un message. Écouter. Prier avec elle si elle le souhaite. Respecter aussi les jours où elle n'a pas envie de parler. La compassion chrétienne ne consiste pas toujours à apporter une réponse. Parfois, elle consiste simplement à ne pas laisser quelqu'un traverser son épreuve seul.

Et celles qui ont peur de leur corps après la maladie ?

Le cancer du sein touche aussi quelque chose de profondément intime. Le corps peut changer. Les cheveux peuvent tomber pendant certains traitements.

  • Une cicatrice peut apparaître.

  • Une chirurgie peut modifier ou retirer un sein.

Et derrière ces changements peuvent surgir des questions sur la féminité, l'image de soi ou le regard des autres.

Mais la valeur d'une femme n'a jamais été contenue dans une partie de son corps.

  • Ni dans ses cheveux.

  • Ni dans sa poitrine.

  • Ni dans son apparence.

Notre corps peut traverser des changements immenses sans que notre dignité diminue avec eux.

Aux yeux de Dieu, notre valeur ne dépend pas de l'image que le miroir nous renvoie.

Octobre Rose ne devrait pas s'arrêter au 31 octobre

Partager un ruban rose est une belle manière de sensibiliser. Mais le message doit aller plus loin. Si tu es concernée par le dépistage organisé, ne laisse pas simplement passer ton invitation.

Si quelque chose d'inhabituel apparaît au niveau de tes seins, parles-en à un professionnel de santé, quel que soit ton âge.

Et si une femme autour de toi traverse actuellement un cancer du sein, demande-toi peut-être :

« De quoi a-t-elle réellement besoin ? »

Pas uniquement ce mois-ci. Après aussi, parce que les campagnes se terminent.

Les traitements, les rendez-vous et les conséquences de la maladie, eux, ne suivent pas le calendrier d'Octobre Rose.

Conclusion — Prendre soin de la vie

Octobre Rose nous parle de cancer. Mais quelque part, il nous parle surtout de la valeur de la vie. De ces rendez-vous que nous repoussons. De ce corps que nous critiquons parfois alors qu'il nous accompagne chaque jour. Des femmes qui se battent actuellement. De celles qui ont guéri. De celles que nous avons perdues.

Et de celles qui ont simplement besoin qu'on leur rappelle de prendre soin d'elles. La foi ne nous rend pas invincibles face à la maladie.

Mais elle peut changer la manière dont nous traversons l'incertitude, dont nous accompagnons ceux qui souffrent et dont nous regardons la valeur d'une vie.

Alors, en ce mois d'Octobre Rose, peut-être qu'au-delà de porter du rose, nous pouvons poser un geste concret.

  • Prendre un rendez-vous.

  • Encourager une proche.

  • Accompagner une femme malade.

Ou simplement lui rappeler : « Tu n'es pas seule. »

Octobre Rose

Prendre soin de soi, c’est aussi reconnaître la valeur de la vie

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